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Cystite du chat, quel traitement proposer ?

Dans plus de la moitié des cas de cystite féline, aucune cause médicale ne peut être incriminée. On parle alors de cystite idiopathique, une maladie au cours de laquelle l’accumulation d’évènements stressant est incriminée. Face à de telles affections, les vétérinaires comportementalistes ont une approche souvent purement « behavioriste » alors que l’école française a plus volontiers recours, en complément, aux psychotropes. Dans le dernière édition du Journal of Veterinary Behavior, Anne Seawright et coll. font le point sur cette maladie au travers de la description d’un cas clinique.

La cystite idiopathique féline est une cause majeure de troubles urinaires et d’élimination inappropriée chez le Chat. Le diagnostic différentiel des affections urinaires est difficile dans cette espèce et comprend dans un grand nombre de cas une composante comportementale. Anne Seawright et coll. font le point sur cette maladie dans la dernière édition du Journal of Veterinary Behavior, à partir d’un cas clinique.

Présentation du cas

Il s’agit d’un chat mâle castré de cinq ans présentant des épisodes réguliers d’hématurie et de dysurie. Le chat urine hors de son bac, les mictions étant précédées par des vocalisations et une agitation. L’animal se lèche excessivement en région périnéale, au niveau de l’abdomen caudal et à l’intérieur des cuisses.

Examen clinique

L’examen clinique ne révèle pas d’anomalies, les analyses biologiques indiquent une hématurie discrète, la présence de cristaux de struvite et de quelques leucocytes. Un pneumocystogramme ne permet pas d’observer de calculs. On élimine les autres causes possibles comme un cancer de la vessie, il n’y a pas d’urolithiase au sens strict. Le chat est hospitalisé deux jours au cours desquels il urine normalement, le caractère idiopathique de la cystite est confirmé, il est rendu à ses propriétaires qui reviennent deux semaines après en raison d’une récidive.

Approche comportementale

Une approche comportementale de ce cas est alors envisagée. Ce chat vit avec cinq congénères et la communauté semble être divisée en quatre groupes sociaux. Il évite soigneusement certains animaux avec lesquels il refuse tout contact. Il a accès à un jardin dans lequel des chats du voisinage évoluent, il se montre parfois agressif à leur égard et refuse depuis peu de sortir hors la présence de ses propriétaires qui ont déménagé cinq mois auparavant. Le chat a donc été mis en présence de congénères qui considèrent le jardin de la nouvelle maison comme leur territoire. Il passe une grande partie de son temps à les observer d’une fenêtre, ce que les auteurs considèrent comme un stress chronique. Les propriétaires rapportent un évènement déclenchant d’une crise de cystite : les six chats ont été confinés une journée en raison de la présence d’ouvriers, un épisode est apparu deux jours plus tard. L’animal est donc confronté en permanence à des situations anxiogènes.

Trois approches thérapeutiques combinées

Les auteurs ont décidé d’associer plusieurs approches thérapeutiques :

Traitement médical : il a pour objectif de diminuer l’inflammation vésicale, la douleur et les spasmes urinaires et associe le méloxicam et des antispasmodiques (prazosine et dantroline). Dans la mesure où un mécanisme pathogénique suspecté est une insuffisance de protection de la muqueuse vésicale par les glycosaminoglycanes, une supplémentation en GAG est prescrite. Le traitement est programmé pour une durée de trois semaines.

Augmentation de l’abreuvement : une augmentation de la diurèse est favorable en cas de cystite. Le chat est passé d’une alimentation sèche à une alimentation humide, on lui propose une eau aromatisée au poisson distribuée par une fontaine car les propriétaires ont noté que l’animal affectionne de boire au robinet. Par ailleurs, ils ont observé que certains autres chats l’empêchent de s’abreuver. L’animal étant obèse, un régime spécial humide est prescrit.

Thérapie comportementale : les propriétaires sont invités à fournir à cet animal un environnement sécurisé pour l’eau de boisson, la nourriture et le bac à litière, et à lui permettre d’éviter quand il le souhaite les contacts avec les autres chats du foyer. Pour ce faire, des aménagements tridimensionnels sont conseillés : multiplication des « refuges » en hauteur, des arbres à chats, permettant à l’animal d’échapper si besoin à tout contact social. Il est également demandé d’occlure les fenêtres donnant sur le jardin de manière à ce que le malade ne puisse plus apercevoir des congénères en liberté. Des travaux devant se poursuivre dans la maison, le chat sera enfermé seul dans une pièce. Contrairement à ce que « l’école française » aurait conseillé dans ce cas, aucun psychotrope n’est prescrit, les auteurs estimant qu’une thérapie comportementale seule est suffisante si tant est que les principaux facteurs déclenchants sont écartés.

Tout stress déclenche une récidive

Le chat a pu être suivi durant quinze mois, il est précisé que la « compliance » des propriétaires a été parfaite. Après application stricte de ces mesures, une rémission totale de six mois a été constatée. Pour autant, une rechute est survenue en raison d’une erreur commise, les chats de la maison ayant été confinés ensemble pendant une courte période. L’animal présentait alors un épisode cystite deux jours plus tard. Six mois de rémission suivaient alors, avec une autre rechute due à un contact avec un chien qui avait poursuivi l’animal. Une fois encore, l’épisode de cystite survenait deux jours plus tard. Au moment de la publication de cet article, le chat n’avait pas présenté de récidive.

Un diagnostic d’exclusion

Le diagnostic de cystite idiopathique féline est un diagnostic d’exclusion : il est important que le vétérinaire envisage dans un premier temps toutes les causes possibles, en particulier les urolithiases et les affections cancéreuses, ou encore les cystites bactériennes. 55 à 69 % des cystites félines sont idiopathiques selon les auteurs.

La pathogénie de cette maladie n’est pas totalement élucidée, l’étiologie est multifactorielle.

On pense que des perturbations émotionnelles entraînent une augmentation de l’activité neuronale au niveau du locus coeruleus, entraînant une hypersécrétion de catécholamines avec stimulation sympathique, locale (un pH urinaire bas serait un facteur favorisant) et centrale. Il en résulte au niveau vésical une stimulation des fibres C (intervenant dans les phénomènes douloureux) de la paroi vésicale, d’où une sécrétion de subtance P, algogène, vasodilatatrice, et augmentant la perméabilité pariétale, un oedème sous-muqueux, une contractions des muscles lisses et une dégranulation mastocytaire. La diminution de la protection de la muqueuse par les GAG serait un facteur favorisant supplémentaire pro-inflammatoire.

Un syndrome de maladaptation

Par ailleurs, il a été démontré que les chats souffrant de cystite idiopathique présentent des anomalies intéressant les neuromédiateurs : taux sérique de noradrénaline et adrénaline augmentés, entre autres. Les explorations de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien indiquent lors des tests fonctionnels à l’ACTH une hypercortisolémie importante, et certains malades présentent une atrophie des glandes surrénales. En réalité, alors qu’un mécanisme de feedback négatif, chez des chats normaux, devrait entraîner une normalisation, tout se passe comme si, chez certains chats, un stress chronique d’intensité extrême ait l’effet inverse, on peut alors parler de syndrome de maladaptation, exacerbé en quelque sorte par l’adjonction successive de stimuli mémorisés auparavant. Seul une suppression des stimuli responsables peut alors entraîner une « résilience » par rapport à ces situations aversives.

Pour les auteurs, un élément essentiel dans le diagnostic est l’apparition des symptômes 48 heures après l’évènement déclenchant majeur, ce qui permet aussi de l’identifier avec certitude.

Une étude rétrospective récente a dressé le portrait du patient type : chat de race mâle obèse, vivant en communauté. Dans 70 % des cas, le facteur de stress le plus important est la cohabitation avec un ou des congénères. Dans 14 % des cas, un déménagement au cours des trois mois précédents est signalé. Les auteurs signalent aussi une observation curieuse, l’influence d’une pluviométrie importante avant l’épisode de cystite.

Enfin, il existe très certainement des prédispositions individuelles quant à la sensibilité au stress, comme cela est décrit dans l’espèce humaine.

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