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TRAVAIL

Chien au service de l’homme : les chiens d’handicapés

Le chien guide d’aveugle

Auxiliaire de tous les instants du malvoyant, le chien guide existe depuis les années 30, période durant laquelle sont nés les premiers centres de formation en Grande-Bretagne.

Les races utilisées sont des Bergers allemands pour un tiers, des Golden Retrievers et des Labradors pour le reste, choisies ici encore grâce à leurs qualités d’obéissance et leurs facultés d’apprentissage. Les chiots proviennent d’un élevage particulier, les chiots choisis dans les élevages traditionnels n’offrant pas toutes les qualités que l’on peut attendre d’eux. Des élevages ont donc été créés à cette fin, et constituent souvent les fournisseurs des écoles de chiens guides. Ces centres d’études travaillent sur la sélection génétique de ces chiens, tout en essayant de supprimer les défauts de caractère ou les malformations ostéo-articulaires (comme la dysplasie de la hanche). Les chiots sont placés, dès le sevrage, dans des familles dites  » familles d’élevage « . Ils seront par la suite répartis entre les différentes écoles. Les femelles retournent régulièrement au centre pour y mettre bas, car celui-ci assure dans la plupart des cas le suivi de reproduction des lices.

La formation

Elle se déroule en quatre mois, répartie en plusieurs périodes, au cours desquelles le chien apprend en premier lieu l’obéissance. Celle-ci consiste en des exercices simples, au cours desquels le chien doit rester dans des positions déterminées, rapporter des objets, s’habituer au port de son harnais et marcher correctement au pied. Cette phase dure une semaine, et est dirigée exclusivement par un instructeur. Puis vient la phase durant laquelle le chien apprend à éviter des obstacles de tous ordres, et à les signaler à son maître. C’est le moment le plus délicat de toute la période d’éducation. L’instructeur intervient ainsi pendant le premier mois. Le chien est ensuite confié à un non-voyant, qui devra s’habituer au chien, à se faire diriger dans des parcours variés.

S’installe un rapport très étroit entre l’homme et son chien, puisqu’ils vivent en permanence l’un avec l’autre.

L’instructeur joue le rôle de lien entre les deux ; il est aussi chargé d’  » éduquer  » le non-voyant.

Après quatre mois passés à l’école de chiens guides, le binôme non-voyant – chien est prêt à affronter la vie quotidienne, et ce pour de longues années. Le rôle de l’animal est déterminant, car il tient lieu des yeux pour l’aveugle. Il lui permet de se réinsérer dans la vie sociale, et d’avoir une activité professionnelle compatible avec son handicap. C’est un élément essentiel de l’acquisition de l’indépendance pour un non-voyant.

De telles associations n’ont de cesse de se développer à travers le monde, afin de mettre à la disposition du plus grand nombre possible de handicapés ou de non-voyants des chiens dont la qualité de formation évolue en permanence.

Le chien d’assistance aux handicapés

Ce n’est que depuis assez peu de temps qu’ont commencé des actions de formation de chiens visant à aider la réinsertion des personnes ayant perdu tout ou une partie de leur mobilité physique.

Ces chiens appartiennent à deux races, Labrador et Golden Retriever, en raison de leur caractère calme, de leur docilité et de leur capacité d’apprentissage des ordres. L’éducation s’effectue en plusieurs phases, la première nécessitant l’accueil du chiot dans une famille, tout comme dans le cas du chien guide. Dans un second temps, le chien est formé au sein d’une association et est alors éduqué afin de pouvoir répondre à environ 50 ordres différents.

Le rôle de la famille d’accueil est décisif et conditionne la suite de l’apprentissage. Dès l’âge de 3 mois, les chiots sont préformés, c’est-à-dire qu’ils sont sociabilisés, la famille se chargeant de leur apprendre l’obéissance. Toutes les 3 semaines, les chiens et leurs maîtres provisoires sont regroupés dans un centre, afin d’effectuer le suivi des chiots, de donner d’éventuels conseils d’éducation ou bien encore, dans certains cas, de réformer précocement des chiens possédant un défaut de caractère rédhibitoire au futur travail. Suite à cette phase de pré-éducation, qui dure jusqu’à l’âge de 18 mois, le chien reçoit la formation qui lui permettra de venir en aide à une personne à mobilité réduite. Pendant cette période, s’étendant sur 6 mois environ, le chien est hébergé à temps plein au sein d’un centre, et y rencontre son futur maître au cours des 15 derniers jours de sa formation. À ce moment, le duo maître et chien est choisi en fonction des affinités de chacun. L’apprentissage est quotidien ; un moniteur s’occupe du chien approximativement une demi-heure par jour. Au terme des 24 mois, un tiers des chiens en moyenne est réformé, soit pour une raison physique (mauvaise conformation des hanches…), soit pour une cause comportementale (le chien doit être sociable, calme, obéissant). L’essentiel est d’obtenir une parfaite adéquation au sein du couple : il faut une bonne compréhension mutuelle, et une bonne utilisation du chien par la personne handicapée. Pour ce faire, les candidats à l’adoption d’un chien d’assistance prennent part à un stage de 2 semaines, relativement éprouvant, au cours duquel ils apprennent comment s’occuper du chien, la façon de lui donner des ordres. La formation complète d’un chien coûte environ 10 000 euros, ce qui limite le nombre de stagiaires et surtout le nombre de chiens pouvant être formés.

À la fin de la période de formation, les chiens sont capables de répondre à une cinquantaine d’ordres différents, tels que : ramasser un objet tombé à terre, apporter des objets (téléphone), ouvrir et fermer des portes, allumer et éteindre la lumière, aider aux déplacements du fauteuil dans des endroits difficiles d’accès, etc.
Certes, le chien de handicapé peut accomplir de nombreuses tâches à la place de son maître, évitant ainsi de faire en permanence appel à une tierce personne. Mais il joue, chez les enfants surtout, un rôle dans l’évolution thérapeutique de diverses maladies, à cause desquelles l’enfant peut s’être  » renfermé « . On relate de nombreux faits qui vont dans ce sens. Outre les tâches pour lesquelles il a été formé, le chien stimule les enfants handicapés. Ces derniers trouvent un véritable réconfort dans ce nouveau compagnon, ce qui leur permet de s’ouvrir aux autres, de prendre confiance en eux.

Les enfants accomplissent des gestes qu’ils n’auraient jamais pensé pouvoir faire. L’aide apportée par le chien les pousse à  » dépasser leurs limites « .

Ce phénomène de thérapie par l’animal fait l’objet de recherches, notamment dans le domaine de l’autisme, dont la cause est inconnue, et qui ne bénéficie actuellement d’aucun traitement.

Ces chiens facilitent aussi l’abord des personnes handicapées par les gens qui les côtoient, et de ce fait améliorent le regard posé par les autres sur les handicapés.

Chiens de sourds et malentendants

Dans notre société, être sourd ou malentendant représente un handicap tel qu’il peut mener très vite à l’isolement. C’est pour remédier à ce problème que le chien trouve en ce handicap humain une nouvelle valorisation.

Il existe plusieurs centres dans le monde qui s’occupent de tels chiens, notamment aux États-Unis, en Angleterre et surtout aux Pays-Bas. Près de Nimègue, à Herpen exactement, fut créée en 1984 la fondation Soho, responsable de l’achat et de la formation de chiens pour personnes handicapées ou sourdes. Elle travaille en collaboration avec l’Angleterre où s’effectue l’achat de la plupart des chiens. Ces derniers sont surtout de race Golden Retreiver, mais on trouve aussi quelques Welsh Corgi ou Bearded-Collie.

À 8 semaines, les chiens sont placés dans des familles néerlandaises, si possible avec des enfants, où une mini-éducation leur est dispensée, telle que l’adaptation aux lieux les plus variés (ville, supermarché, bois…), et ce jusqu’à l’âge d’1 an. Ensuite vient le retour à la fondation, et l’apprentissage réel de leur future fonction : il leur faudra apprendre plus de 70 ordres oraux et 20 gestuels. De plus, la voix d’un sourd ou d’un malentendant est bien différente dans les intonations et la diction, ce qui implique un effort d’adaptation supplémentaire.

La formation du chien consiste surtout à le faire réagir à certains bruits pour en prévenir son maître. Les quelques exemples suivants montrent bien le travail effectué : le chien saute sur le lit dès que le réveil sonne, il tire le bas du pantalon lorsque quelqu’un sonne à la porte ou encore il prend délicatement la main de son maître pour le prévenir d’une visite inopportune. Le chien, bien sûr, va là encore contribuer à rompre l’isolement relationnel de son maître.

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