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Le chien de chasse dans toute sa diversité

Bien que controversée, la chasse n’en reste pas moins un sport, une passion, voire un art pour beaucoup, qui concerne sur terre des millions de chiens. C’est un sport pour le chien comme pour le maître dans la mesure où sa pratique requiert une excellente condition physique, une grande force de caractère, de la ténacité et un esprit d’observation, indépendamment des nécessaires qualités olfactives qui font un bon chien de chasse.

Les chiens d’arrêt et de quête

Ces chiens sont essentiellement utilisés lors de chasses sur gibier à plumes (faisan, bécasse, perdreau…). Leur technique de chasse est tout à fait particulière, et leur permet d’être à l’aise en plaine rase, en petit couvert ou encore en plein bois. On demande avant tout à ces grands chasseurs de détecter un gibier parfois tapi dans des lieux inaccessibles. Pour cela, ils doivent effectuer une exploration spécifique du terrain en forme de lacet : le maître envoie le chien une fois à sa droite puis à sa gauche. Dès que la présence du gibier est détectée, le chien tombe à l’arrêt, posture caractéristique de ces races, et doit rester immobile. Le chasseur fait alors lever le gibier et le tire sans que le chien effectue le moindre mouvement. Enfin, sur ordre du chasseur, le chien peut ramener le gibier.


Pour certaines races dont le rapport n’est pas parfait, on peut associer deux chiens, l’un signant l’arrêt, l’autre rapportant la pièce tirée.


Le chien de quête se différencie du chien d’arrêt par sa capacité à effectuer des boucles d’exploration extrêmement grandes, pouvant atteindre une centaine de mètres. Cependant, la technique de chasse reste identique.

Les chiens d’eau

Ce sont des chiens utilisés en zones marécageuses ou autour des étangs. Leur rôle consiste surtout à aller chercher le gibier tiré tombé à l’eau et donc inaccessible pour le chasseur. On mise ici sur les qualités intrinsèques du chien : l’amour de l’eau et le rapport. Là encore, le gibier se compose en grande partie d’oiseaux et notamment du canard.

Les chiens de sang

La  » recherche au sang  » consiste à retrouver un animal plus ou moins gravement blessé en suivant la piste constituée par le sang que perd le gibier. Cette recherche est effectuée par un chien spécialisé dit  » chien de rouge « . Toutes les races peuvent s’y prêter, mais le Teckel à poils durs et le Bloodhound semblent les plus aptes pour ce travail.

Une fois l’animal blessé de façon sûre, il faut éviter d’envoyer des chiens immédiatement sur sa trace ou de disperser les indices (poils, sang), afin de ne pas rendre le travail du chien de sang plus difficile. Cependant, il faut noter avec exactitude l’emplacement de l’animal lors du tir, le lieu du premier indice, la direction de la fuite, et avertir le conducteur du chien.

Cette recherche au sang permet de retrouver bon nombre d’animaux blessés qui auraient été perdus et ainsi d’abréger leurs souffrances.

La chasse à courre

D’origine française sous sa forme actuelle, elle se pratique également en Angleterre et en Amérique du Nord. Il existe plusieurs synonymes de la chasse à courre : on parle également de vénerie ou de laisser-courre. On distingue dans cette activité particulière : la grande vénerie, pour laquelle la chasse se pratique à cheval, et la petite vénerie, qui se fait à pied derrière les chiens. Dans les deux cas, ce sont des chiens courants qui sont mis à contribution et qui représentent les seuls chasseurs. Aucun fusil n’est, en effet, admis.

Le terme de chasse à courre paraît pour la première fois dans le  » Traité de vénerie  » d’Yauville. Auparavant, on parlait de la  » chasse à force  » ou de  » chasse française « . La menée était de très courte durée, l’animal essoufflé y était pris de vitesse par les lévriers sans pouvoir ruser. À l’opposé, la vénerie se pratique exclusivement avec des chiens courants.

Les chiens suivent les émanations laissées par l’animal, mais ne le chassent jamais à vue (ou très rarement).


Le commandant de Marolles situe la naissance de la vénerie à la fin du XIIe siècle. Philippe Auguste (1165-1223) fut le premier roi veneur. Sous Louis IX, furent instaurées les premières règles de vénerie. C’est à cette époque que l’on retrouve l’origine des couleurs des tenues de chasse. Sous Louis XV, deux ouvrages font référence : celui de Leverrier de la Conterie ( » l’École de la chasse avec chiens courants « ), et le  » Traité de vénerie  » d’Yauville. La vénerie voit alors ses règles écrites, règles qui prendront jusqu’à nos jours valeur de tradition.

La grande vénerie

La domestication du cheval a permis à l’homme de chasser des animaux rapides. La grande vénerie est l’art de prendre un animal avec la seule aide des chiens et des chevaux que l’on doit dresser, élever, sélectionner, conduire sans les gêner et aider lorsque c’est possible.

La chasse se pratique ici sur des animaux de grande taille ou très rapides : cerf, daim, sanglier et loup.

Le nombre de chiens composant l’équipage (chiens courants) peut atteindre la centaine dans les plus grandes chasses. On les oppose aux chiens limiers qui, tenus en laisse par un valet de chien, recherchent et localisent l’animal avant la battue.

Avant le début de la chasse, il faut déterminer l’endroit où l’animal a fait sa nuit, et l’isoler sans le lancer ou le faire fuir. On détermine son âge, son sexe et sa force d’après son attitude, son pied et les dégâts qu’il fait subir à la végétation. Ensuite, ce sont aux chiens courants de prendre l’animal isolé en traque jusqu’à sa capitulation. Dès que les chiens sont lancés, les veneurs sonnent le  » départ du rendez-vous  » et le  » départ pour la chasse « . Les participants sont alors invités à suivre la meute et le gibier.

Quelle que soit la chasse, les trompes annoncent toujours quel animal est couru, vers où il se dirige, s’il passe dans l’eau ou s’il change de forêt. La principale difficulté est de conserver la voie du gibier qui varie en fonction des conditions atmosphériques (souvent, la voie est introuvable par temps chaud ou trop pluvieux), mais aussi en fonction de l’animal : une bête au lancer laisse derrière elle une voie beaucoup plus fumante qu’une bête après une heure et demie de chasse.

Dès le début de la traque, l’animal va utiliser quelques ruses pour tenter d’échapper à ses poursuivants :

– le change : l’animal traverse une région où vivent d’autres animaux de la même espèce, ce qui peut semer la confusion dans la meute et la faire partir sur un autre animal ;

– la traversée d’un ruisseau, d’une rivière ou d’un étang : l’animal traverse l’eau pour tenter de faire perdre sa trace, les chiens essaient alors de repérer l’endroit où l’animal a repris pied de façon à retrouver la piste ;

– l’animal se forlonge, c’est-à-dire qu’il prend une telle avance sur la meute que son odeur disparaît ;

– les doubles voies : elles sont destinées à ralentir l’action des chiens. L’animal chassé revient sur ses pas et prend une autre direction après quelques centaines de mètres.

Si, à la fin de la journée, les chiens n’ont pas lâché le gibier et que celui-ci est à bout de forces, les veneurs sonnent l’  » hallali « , signant la mort de l’animal. Souvent, le gibier se retourne pour faire face et essayer de s’échapper une dernière fois, on sonne alors l’  » hallali  » sur pied. L’animal est rapidement servi au couteau ou à la dague, et retentit à cette occasion l’  » hallali par terre « . Les meilleurs morceaux sont donnés aux amis, les bas morceaux sont rassemblés et donnés aux chiens ; on sonne alors la  » curée « .

Les fanfares jouent et le maître d’équipage coupe alors le pied avant-droit et le remet à la personne choisie pour honorer sa fonction ou son rôle joué au cours de la chasse, on sonne les  » honneurs du pied « .

Enfin, on salue la chasse par la  » Saint-Hubert « , l’  » adieu des maîtres « , l’  » adieu des piqueurs  » et le  » bonsoir « .

En réalité, il n’y a qu’environ une chasse sur trois ou quatre qui aboutit à la mort de l’animal,

celui-ci parvenant souvent à s’échapper en changeant de forêt et en quittant le périmètre délimité de la chasse.

Historique de la trompe de chasse :

 La trompe permet, lors d’une chasse, de communiquer en forêt à l’aide de mélodies bien définies selon la situation, mais aussi de conduire les chiens de meute particulièrement sensibles aux sonneries. Sous sa forme actuelle, la trompe n’apparaît qu’aux environs de 1680, à l’époque de Louis XIV. Avant cette période, le veneur se servait de cors. Ce fut le marquis de Dampierre qui, s’inspirant des fanfares de cour, composa presque tout le répertoire actuel de la chasse. Ce sera surtout à partir du premier Empire que la trompe va commencer à se répandre. En 1817, Pernet sort une trompe de trois tours et demi, d’un diamètre de 0,55 mètre, puis de 0,37 mètre qui correspond à la trompe utilisée aujourd’hui. Cet instrument a donc actuellement 180 ans d’existence dont 140 ans sous sa forme actuelle.

Particularités liées à l’animal chassé : Le laisser-courre du cerf demande une connaissance précise du terrain (plusieurs reconnaissances dans la semaine sont parfois nécessaires), de façon à prévoir toutes fuites possibles. Toutefois, sa voie est très forte et reste quasi constante tout au long de la chasse, contrairement au chevreuil et au lièvre. Pour cette chasse, on préférera des chiens endurants et bien gorgés pour pousser le cerf en dehors de ces allures.

Un cerf bien chassé peut être pris en 2 heures et demie, mais si les ruses sont nombreuses, elle peut durer plus de 5 heures.

Le sanglier est un animal beaucoup plus difficile à traquer, particulièrement erratique et méfiant, doté d’un excellent odorat. Sa principale défense réside dans sa vitesse et son endurance. Une fois lancé, le sanglier a tendance à filer droit devant lui en misant sur ses qualités de rapidité et de fond. Même si sa voie est encore plus forte que le cerf, les chiens peuvent se faire distancer rapidement si la meute ne reste pas compacte. Il faut en moyenne 6 ou 7 heures pour prendre un sanglier. Une fois pris, le sanglier fait face aux chiens, les veneurs doivent alors être rapides et très vigilants pour servir l’animal avant qu’il ne tue ou ne blesse les meilleurs éléments de la meute.

La petite vénerie

Il s’agit d’une chasse à courre sur le lièvre, le blaireau ou le renard. Les veneurs sont alors à pied derrière les chiens qui forment une meute plus petite qu’en grande vénerie.

Les premières chasses au lièvre sont relatées dans  » l’Art de la chasse  » par Xénophon, quatre siècles avant Jésus-Christ. Il décrit une chasse tout à fait semblable à nos laisser-courre actuels mais finissant dans des filets.

La technique de chasse reste la même qu’en grande vénerie. La différence principale réside dans le fait que la voie est beaucoup moins marquée, et l’éventail de ruses utilisables par le gibier plus important. Le lièvre appartient à la catégorie des animaux pouvant retenir leur odeur en cas de stress, ce qui accentue les difficultés rencontrées par les chiens lors de la poursuite. De plus, grâce à sa petite taille, les endroits de cache sont extrêmement nombreux : troupeaux de bovins ou d’ovins, cours de ferme, égouts, terriers, arbres…

La meute

Pour être belle, la meute doit être reslée, c’est-à-dire que tous les chiens doivent être de même taille, figure, couleurs mais surtout de même pied (même vitesse et même fond). En effet, chaque race a une façon particulière de chasser et un mélange de races dans une meute ne peut qu’affecter ses qualités. Une exception, cependant, est la chasse au sanglier, pour laquelle il est parfois intéressant d’utiliser des Fox-Terriers qui, grâce à leur caractère particulièrement hargneux, permettent de lancer le sanglier.

Les chiens courants ne se dressent pas, ils se créancent sur la voie d’un ou plusieurs animaux. L’animal est créancé lorsque, après avoir participé à quelques curées, il a pris goût à la chair de l’animal de chasse puis à l’odeur que ce dernier laisse sur la voie. Il entreprend alors de chasser à l’exemple des autres et de ne pas quitter la voie de l’animal d’attaque.

Les équipages

Qu’elle soit petite ou grande, la vénerie fait appel à un équipage. Celui-ci désigne l’ensemble du matériel et du personnel servant à la chasse à courre, tels que les valets de chiens (ceux qui s’occupent des chiens), les piqueurs (ceux qui mènent les chiens), les chevaux, les chiens, les voitures, etc. Cet ensemble a droit de chasse sur un certain territoire et de courre sur certains animaux.

Pour prendre la France en exemple, la vénerie y mobilise à peu près 300 équipages :

une centaine pour le lièvre, une soixantaine pour le chevreuil, environ 70 pour le renard, 40 pour le cerf et une quinzaine pour le sanglier.

Cela représente environ 12 000 chiens de meute. Leur renouvellement est en moyenne de l’ordre de 20 % par an, l’élevage étant essentiellement le fait des équipages eux-mêmes.

Nous n’entrerons pas dans l’éternel débat  » médiatique  » concernant l’existence de la vénerie ou même de la chasse, nous contentant de constater que la condition physique des chiens est un élément important de la réussite d’une chasse. Le chien de chasse est dès lors un chien de travail, voire de sport parfois, nécessitant une préparation optimale et présentant des spécificités vétérinaires.

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