nouveau pulseur chien

HISTOIRE

Le chien : une utilité sociale historique !

Dès l’Antiquité, le chien occupe de nombreuses fonctions et participe à des activités aussi variées que les combats, la production de la viande, la traction des traîneaux dans les régions polaires… Plus tard, l’Empire romain devient le pionnier de l’élevage canin et s’enorgueillit du titre de  » patrie des Mille Chiens « , préfigurant la diversité des variétés de chiens dont les utilisations principales concernaient la garde des fermes ou des troupeaux et la chasse.

Mais l’utilité du chien ne s’arrête pas là : le statut du chien évolue vers celui d’un compagnon de tous les instants, fidèle et tout entier dévoué à son maître pour défendre ses intérêts. C’est surtout pendant la Renaissance que le chien acquiert sa dimension d’animal de compagnie.

Les bouleversements sociaux et économiques provoqués par les évolutions de notre société au cours des dernières décennies ont profondément modifié les relations entre l’homme et le chien. Urbanisation massive, mécanisation des transports, bouleversement des structures sociales et économiques ont amené l’homme à s’isoler davantage. Le chien et les autres animaux de compagnie ont été impliqués dans de nouvelles relations avec l’homme, devenant parfois nécessaires à son équilibre dans la société.

Le chien est non seulement présent auprès de l’homme pour l’affection qu’il délivre, mais est aussi  » utilisé  » pour satisfaire à d’autres nécessités : ainsi, le chien devient-il complice de notre qualité de vie au quotidien, mais aussi cothérapeute, assistant des handicapés et aidant même à la réinsertion de délinquants.

Le chien symbole de qualité de vie

La capacité d’interaction avec autrui et la reconnaissance sociale sont des critères qui prévalent pour juger de la qualité de vie  » minimale « .

Le chien permet à l’homme de satisfaire à ces deux critères : il agit à la fois comme une présence quotidienne, un agent de protection et de défense, voire un substitut (après un deuil ou un divorce, par exemple), et permet de sortir de la solitude, de retrouver estime et confiance en soi.

Le chien contribue également au bien-être de l’homme par la relation apaisante et les situations imprévues qu’il génère. Il peut exercer une influence sur la santé physiologique et psychologique de l’homme, en terme de bien-être, par exemple dans la lutte contre le stress quotidien. Le fait de caresser un animal familier, notamment le sien, réduirait de manière significative la pression artérielle, la température de la peau, la fréquence cardiaque, et apporte une immédiate sensation d’apaisement. Un chercheur de l’université de Cambridge a montré que les possesseurs de chiens présentent, par rapport aux non-possesseurs, dès les premiers mois qui suivent l’acquisition, une diminution importante de l’incidence des problèmes mineurs de santé (de l’ordre de 50 %).

Les bénéfices de la relation homme-chien se produisent dès l’enfance. Une étude menée en Allemagne portant sur plus de 300 familles (plus de 500 enfants) possédant un chien donne des chiffres significatifs : 90 % des parents interrogés considèrent que le chien joue un rôle de  » co-éducateur  » et tient une place essentielle dans la qualité de vie de l’enfant, 80 % des enfants considèrent leur chien avant tout comme un ami et un confident. L’animal est ainsi un  » catalyseur  » de socialisation pour l’enfant en l’aidant à franchir les différentes étapes de la vie, en stimulant son apprentissage et la prise de conscience de ses propres capacités. Le chien aide à l’émancipation de l’enfant en lui enseignant obéissance, indépendance et douleur, autant de notions nécessaires à son développement. À travers la responsabilisation pour le chien, les adolescents trouvent un véritable sens à leur vie, ayant le sentiment d’avoir un être qui leur est attaché.

Le chien facteur de stabilité sociale et de réintégration des jeunes

D’après Konrad Lorenz, l’animal aide l’homme à gérer ses pulsions incompatibles avec la vie en société. Le chien correspondrait à un besoin d’appartenance à une communauté et serait une sorte de  » lubrifiant  » social. Une récente étude réalisée en Allemagne démontre que le chien, par son soutien affectif, permet d’éviter certains risques des grandes villes et agglomérations. Les jeunes possédant un chien se distinguent sur plusieurs points par rapport aux jeunes non-possesseurs : ils sont davantage satisfaits de la vie et de leur travail, ils recherchent la réussite tant à l’école qu’au travail, ont des relations  » positives  » avec leurs aînés et font preuve d’un besoin manifeste de sécurité, de détente et de tendresse. L’étude révèle que la consommation d’alcool, l’intensité des conflits avec les parents et le manque de confiance en soi sont plus forts chez les jeunes ne possédant pas de chien. Les jeunes voient ainsi dans le chien le moyen de faire face aux facteurs de risque propres aux grandes villes : solitude, anonymat, criminalité, manque de responsabilité et de communication.

La disponibilité complète du chien et sa grande fidélité apparaissent comme des éléments régulateurs pour les jeunes qui se trouvent dans un contexte particulièrement difficile. L’animal, par la responsabilisation et l’encadrement quotidien qu’il exige, par la reconnaissance en retour qu’il offre, représente pour le jeune un moyen de restructuration de choix. Il devient support des pulsions agressives de l’adolescent sans mettre en péril l’investissement affectif du jeune par une éventuelle rupture.  » Objet  » intermédiaire susceptible de diminuer les tensions au sein du noyau familial, il améliore la communication entre les personnes dans des contextes où celle-ci paraît particulièrement entravée.

LE CHIEN COMME MEDIATEUR

Malgré tout, les relations entre les jeunes et les chiens n’échappent pas aux difficultés du moment et se dégradent aussi : agressions avec des chiens, reproduction sauvage, combats de chien…, l’animal étant parfois lui-même le vecteur et l’expression du malaise social. Partant du principe que ces jeunes (ou moins jeunes) sont toujours à l’affût de conseils avisés sur leur animal, des équipes spécialisées utilisent aujourd’hui le chien, sur le terrain, comme  » prétexte  » pour aborder les populations marginalisées dans le but de diminuer la violence urbaine.

De nombreux pays utilisent déjà le chien comme médiateur pour la réintégration des jeunes.

Les premières expériences ont été menées dans des banlieues  » difficiles  » et dans certains centres de détention aux États-Unis et en France. À chaque fois, les organisateurs ont été surpris par l’attention toute particulière que les jeunes délinquants portaient aux animaux avec lesquels ils communiquaient bien plus facilement qu’entre eux-mêmes. Lorsque les animaux leur ont été confiés, les jeunes se sentaient vite responsables de la vie de l’animal et, plus généralement, de la vie d’un être. Certains ont, lors du contact avec le chien ou après l’introduction de l’animal dans l’institution, réappris à communiquer affectivement, à aimer et à respecter l’autre.

Le chien cothérapeute

Le stress et les problèmes de santé ne sont pas perçus avec la même intensité par les possesseurs de chiens et les non-possesseurs. Les symptômes psychosomatiques, comme la nervosité, les maux de ventre ou les migraines, les troubles coronaires ou cardio-vasculaires, les insomnies… seraient d’ailleurs moins fréquents chez les propriétaires de chien ! Mis à part ce rôle bénéfique à titre préventif sur la santé des hommes, le chien est également utilisé comme cothérapeute car il peut apporter, en tant qu’être vivant associé à une thérapie, certains éléments positifs :

– stimulations sensorielles et physiques,

– stimulation de la mémoire,

– plus grande communication entre les pensionnaires, le personnel et les familles,

– motivation durable pour sortir de la routine…

On parle de  » thérapie facilitée par l’animal  » (TFA).

Chez les personnes atteintes de sénilité, par exemple, le chien est de plus en plus utilisé pour combler la situation d’isolement. Pendant leur hospitalisation, les patients doivent surmonter la séparation de leurs familles et de leurs amis, mais aussi la rupture avec leur cadre de vie habituel. En plus des douleurs physiques, le fait d’être plongé dans un environnement nouveau, de se sentir plus dépendant qu’autrefois, peut les fragiliser sur le plan psychologique. Des données recueillies dans des institutions gériatriques anglophones ont montré que la plupart des sujets en contact avec des chiens recherchaient moins d’isolement, paraissaient plus heureux et acceptaient plus facilement les traitements.

Une étude menée aux États-Unis a mis en évidence que la présence du chien auprès des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer provoquait l’éveil des patients et était un déclencheur de réactions leur permettant d’accroître leurs efforts de socialisation (sourires, regards, compliments, accueil chaleureux, mouvement vers l’avant, contacts physiques…).

Des observations ont également montré que des enfants autistes peuvent nouer avec des animaux ce que l’on peut appeler des relations  » intimes « , c’est-à-dire des comportements que ces enfants adoptent rarement, voire jamais, avec leur entourage. Ainsi certains patients recherchent-ils leur chien pour avoir de la compagnie, pour donner ou recevoir du réconfort ou se confier comme jamais ils ne le font avec les membres de leur famille.

De nombreuses études établissent aujourd’hui les avantages de la présence d’un animal de compagnie (essentiellement le chien) sur le bien-être, l’épanouissement de l’homme et sa qualité de vie.

Sept conférences internationales sur les interactions entre l’être humain et l’animal ont déjà eu lieu à Londres (1977), Philadelphie (1980), Vienne (1983), Boston (1986), Monaco (1992) et Genève (1995). En 1992, la volonté de fédérer toutes les associations nationales a abouti à la création de l’IAHAIO (International Association of Human Animal Interaction Organizations). La VIIIe Conférence Internationale sur les relations homme-animal s’est tenue à Prague en septembre 1998 autour du thème  » Les animaux dans la société, hier, aujourd’hui, demain « .

nouveau LIT PANIER COUCHAGE chien