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COSMETO

Bases de Zoocosmétologie : la peau du chien

Avant d’évoquer le toilettage du poil à proprement parler, il est indispensable de comprendre les spécificités de la peau du chien

La peau

La peau, au sens large, représente la limite entre l’organisme et le milieu extérieur. Elle inclut deux structures : la peau au sens strict, c’est-à-dire une structure kératinisée, et ses annexes (poils, glandes diverses).

Structure

La peau a une structure kératinisée, qui se divise en trois étages :
l’épiderme qui se compose d’une couche basale faite de cellules en division et de cellules produisant de la mélanine (pigment responsable de la couleur de la peau) ;

d’une couche claire (deux à trois couches cellulaires) très épaisse au niveau de la truffe et des coussinets : il s’agit de cellules issues des divisions précédentes et de macrophages (responsables du  » nettoyage  » des éléments intrus) ; d’une couche granuleuse où les cellules s’aplatissent ; d’une couche cornée faite de cellules très aplaties n’ayant plus de noyau, qui contiennent beaucoup de kératine ; d’une couche superficielle où les cellules desquament ;

le derme séparé de la structure précédente par une lame basale et qui représente une couche épaisse de la peau : 1,3 mm sur le dos jusqu’à 2,5 mm pour les coussinets. Il contient des fibres élastiques et du collagène assurant élasticité et résistance de la peau ;

l’hypoderme forme la couche la plus profonde, riche en adipocytes (cellules graisseuses).

Seuls le derme et l’hypoderme sont vascularisés et innervés, réceptionnant ainsi les informations venant de l’extérieur mais aussi de l’intérieur.

Illustration des différentes couches de la peau du chien

Les différents rôles de la peau

– Rôle de barrière
Elle s’oppose à la sortie de certains éléments comme l’eau, les ions et les macromolécules. En sens inverse, l’entrée d’eau, de certaines molécules et des bactéries n’est pas possible. Il faut savoir que les cellules de l’épiderme peuvent se gorger d’eau et, à ce moment-là, laisser pénétrer quelques molécules ; ce système est utile lors de pansements humides. Cependant, la barrière est aussi mécanique, offrant ainsi un rôle de protection face aux agressions telles que les infrarouges (intervention des couches superficielles), les ultraviolets (par les poils et la pigmentation) et des agents biologiques.

– Rôle d’échangeur
par des sécrétions : la sueur et le sébum. La sueur vient des glandes apocrines et exocrines (ces dernières sont situées exclusivement sur la truffe et les coussinets plantaires). Chez le chien, cette sécrétion semble assurer uniquement le refroidissement local cutané. Le sébum est produit par les glandes sébacées au niveau des follicules pileux, servant de protection contre les bactéries en les détruisant.
Rôle d’échangeur aussi par des absorptions de médicaments ou de toxiques tels que l’alcool, mais également les vitamines liposolubles, les hormones sexuelles, etc.
Enfin, des échanges thermiques sont possibles avec des transferts de calories lors des changements de température.

– Rôle métabolique
La peau intervient dans le stockage de graisse grâce aux adipocytes de l’hypoderme mais aussi, en très faible proportion, dans la synthèse de la vitamine D3 par l’action des ultraviolets sur les couches superficielles.

– Rôle sensoriel
Par les terminaisons nerveuses situées dans le derme et l’hypoderme, la peau peut informer l’organisme de la température, de la pression, d’une douleur ou encore du contact avec un objet.

Les annexes de la peau

Elles sont constituées de plusieurs formations :
– les follicules pileux qui sont constitués d’un poil avec sa gaine, d’une glande sébacée et d’un muscle érecteur, responsable du hérissement du poil ;

– les glandes sudoripares, apocrines, elles sont situées dans le derme profond, et leur canal débouche en aval de la glande sébacée. Elles sont présentes sur tout le corps ;
exocrines, elles sont localisées à la jonction de l’hypoderme et du derme profond. On ne les trouve que sur les coussinets plantaires et la truffe. Leur canal débouche au niveau de l’épiderme, indépendamment du follicule pileux ;

– les autres glandes comprennent les glandes anales, servant au marquage du territoire, les glandes supracaudales situées au-dessus de la base de la queue.

Illustration des interactions entre les différentes glandes et couches de la peau

Structure du système pileux du chien

Chez le chien, les follicules pileux s’assemblent en groupes comportant chacun un poil principal central, plus gros et plus long, et des poils secondaires (inexistants chez le chiot).
La densité du poil dépend de la race et de l’âge. Plus le poil est doux, plus la densité est importante. Par exemple, le Berger allemand possède 100 à 300 groupes folliculaires par centimètre carré alors qu’un chien au pelage plus doux peut avoir 400 à 600 groupes par centimètre carré. Le nombre de groupes folliculaires est déterminé dès la naissance. Par contre, chez le jeune, seuls les poils principaux (ou poils de bourre) sont présents, ce qui donne cette douceur bien connue. Pendant la croissance, l’angle des poils avec la peau diminue atteignant environ 45° chez l’adulte.
La couleur du poil est déterminée génétiquement par des processus de dominance d’une couleur par rapport à une ou plusieurs autres. Cela explique la palette de robes chez les chiens et certaines caractéristiques de taches spécifiques à certaines races : par exemple, les taches du Beagle n’ont rien à voir avec celles d’un Berger allemand.

Qui n’a jamais ramassé une grosse touffe de poils sur le tapis au début de l’été ? Effectivement, les poils ne sont pas éternels. Il existe une activité cyclique avec perte des poils : c’est la mue. Chez le chien, comme chez les animaux sauvages, il y a deux mues par an donnant un pelage d’été et un pelage d’hiver. Cette saisonnalité s’explique par une activité des follicules pileux basée sur trois phases :
– l’anagène
période de croissance du poil et de sa gaine, le follicule s’enfonce dans le derme. Sa durée est d’environ 130 jours chez le chien et de 18 mois pour le Lévrier afghan ;

– la catagène
phase de repos, la croissance s’arrête et la gaine régresse ;

– la télogène
le follicule se réduit jusqu’à l’orifice des glandes sébacées, la base du poil se rétrécit en cône puis il tombe. Un autre poil commence son anagène en s’engageant dans le même canal que son prédécesseur.

Bien entendu, les poils ne tombent pas tous en même temps, la mue se fait progressivement de l’arrière de l’animal vers l’avant. Le pelage d’hiver est beaucoup plus fourni que celui d’été, de façon à protéger l’animal durant les grands froids.

Ces changements de pelage ne se font nullement à l’improviste. Le déterminisme principal de la mue semble être la photopériode (durée de lumière par rapport à l’obscurité). Le rallongement du jour enclencherait la mue de printemps et la baisse du temps de lumière, celle de l’automne. Les changements de température n’interviendraient surtout qu’au niveau de la densité et de la vitesse de renouvellement des poils, mais pas comme facteur principal de déclenchement des mues.

Même si les poils changent, la robe d’un chien garde sa couleur, malgré l’apparition de poils blancs sur le museau chez les plus âgés. Il ne faut pas oublier que le pelage d’un chien s’entretient régulièrement pour éviter toute pathologie.

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